A Lhassa, chef-lieu de la région autonome du Tibet, lorsqu’on se retrouve entrainé par une foule de pèlerins agitant des moulins à prières et égrainant des chapelets de bois on réalise qu’on est arrivé au Barkhor,
le circuit de pèlerinage qui entour le Jokhang, le temple le plus sacré du bouddhisme tibétain. Des pèlerins venus des quatre coins du Tibet convergent ici, au coeur du vieux Lhassa, en costumes traditionnels et coiffes typiques de leurs régions, pour manifester leur ferveur religieuse en s’inclinant devant les statues de leur divinités. Certains dévots ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres par la route en se prosternant, c’est pourquoi ils se protègent les mains et les genoux de plaquettes de bois ou de cuir. De cette nuée en mouvement perpétuel s’élève dans un murmure sourd la prière de la compassion, répétée sans fin par la foule. Le quartier du Barkhor est l’âme de Lhassa, son coeur spirituel mais aussi commercial par ses rues bordées d’échoppes vendant des drapeaux de prières, chapelets et autres objets religieux, des bijoux et vêtements colorés, des poignards rutilants, du thé au beurre et de la tsampa.
Au détour d’une ruelle, on peut aussi croiser des soldats chinois, mitraillette à la main, marchant au pas, qui patrouillent en escadron dans le Barkhor pour bien montrer leur déploiement de force toujours présent. En 2009, lors de mon premier voyage à Lhassa, ceux-ci étaient principalement présents sur les toits plats des vieilles maisons bordant le Barkhor, depuis ils sont descendus dans la rue et bloquent par des accès contrôlés touts les points d’entrés du Barkhor.
Mon pèlerinage photographique sur les pèlerins de Lhassa s’est passé sur plusieurs jours. Chaque jour j’ai tourné autour du Jokhang, parfois dans le sens inverse des pèlerins pour mieux observer les visages, des dizaines de fois à la recherche de l’âme de ces lieux de pèlerinage à travers la multitude de portraits photos qu’il est possible de faire au hasard des rencontres. Certains tibétains me voyant faire m’ont même proposés de m’aider à aborder ces pèlerins pour obtenir de leur part leur autorisation pour les prendre en photo. Beaucoup refusent, parfois par timidité ou par gêne.
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